Les sondages peuvent être trompeurs. La grande majorité des Français font confiance à la science — 82 % en 2022, selon le Baromètre sur la confiance politique publié par Sciences Po. Un chiffre rassurant, qui pourrait laisser penser que le rapport de nos concitoyens au savoir scientifique est globalement sain.
Mais lorsque la science rejoint la politique, la confiance envers la science chute. Les débats sur les vaccins, le climat ou les politiques sanitaires l’ont montré avec éclat : dès lors que des résultats scientifiques deviennent des arguments dans une controverse politique, une fraction significative de l’opinion se met à les contester, à en douter, ou à les rejeter. Ce n’est pas nécessairement la science qui est mise en cause — c’est son usage politique, la sélection des résultats, la mise en scène de l’expertise, et parfois la légitimité des experts eux-mêmes.
Il est important de comprendre les ressorts de cette défiance, en particulier lorsque l’on a besoin d’expertise pour éclairer la prise de décision dans un contexte électoral. La question dépasse la sociologie des croyances : elle touche aux fondements de la démocratie représentative, à la place accordée aux corps intermédiaires du savoir, et à la manière dont les institutions produisent et communiquent la preuve.
Un prochain ouvrage aux éditions EMS devrait nous apporter des éclairages précieux sur le sujet. Affaire à suivre…