L’été n’est plus tout à fait ce qu’il était. Entre 2022 et 2025, la France a connu quatre étés consécutifs parmi les plus chauds jamais enregistrés — une série inédite depuis le début des mesures en 1900.

À l’échelle planétaire, 2024 est officiellement l’année la plus chaude jamais mesurée depuis le début des relevés, en 1850, avec une température moyenne supérieure d’environ 1,55 °C à celle de l’ère préindustrielle. 2023 et 2025 la talonnent, quasiment à égalité pour la deuxième place. Seules 2021 et 2022 ont été légèrement plus fraîches, en raison d’un épisode La Niña — mais elles restent, elles aussi, parmi les années les plus chaudes jamais observées. Un chiffre résume bien la dynamique en cours : les dix années les plus chaudes jamais mesurées sont les dix dernières, sans exception.

Le mois de juillet illustre cette accélération de façon spectaculaire. Le 22 juillet 2024, la température moyenne mondiale a atteint 17,16 °C — un record absolu, battu la veille et l’année précédente, le 6 juillet 2023. Avant cela, le précédent record remontait au 13 août 2016. Entre juillet 2023 et juillet 2024, ce ne sont pas moins de 59 journées qui ont dépassé l’ancien record mondial.

En France, la progression est tout aussi nette. L’été 2022, avec un écart de +2,3 °C à la normale et 33 jours de canicule, reste le deuxième été le plus chaud depuis 1900. L’été 2023 (+1,4 °C) se classe quatrième. L’été 2024, plus modéré (+0,7 °C), marque néanmoins un troisième été consécutif au-dessus des moyennes de saison. Et l’été 2025 devient le troisième plus chaud de l’histoire, derrière 2003 et 2022, avec 27 jours de canicule — la deuxième plus longue série jamais observée. Il a d’ailleurs offert un exemple frappant de cette bascule : le 30 juin 2025, la France a enregistré sa journée de juin la plus chaude jamais mesurée, un record battu dès le lendemain.

Si la tendance de long terme est sans équivoque, l’intensité varie d’un été à l’autre selon des phénomènes climatiques naturels comme El Niño et La Niña, qui viennent amplifier ou atténuer temporairement le réchauffement d’origine humaine. C’est ce qui explique que certaines années soient un peu moins extrêmes que d’autres à l’échelle mondiale, malgré une tendance générale à la hausse qui, elle, ne faiblit pas.

Ce qui était qualifié d’exceptionnel il y a vingt ans devient progressivement la référence — un rappel que l’adaptation aux fortes chaleurs n’est plus une option lointaine, mais un chantier immédiat.

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