2026 sera une année charnière à l’échelle internationale. Elle marque les 250 ans de la Déclaration d’indépendance des États-Unis, mais également le 250ème anniversaire de la parution des Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations d’Adam Smith. L’héritage laissé par cette œuvre est incommensurable aux yeux des économistes et il est fascinant de voir qu’au bout de 250 ans, on découvre encore de nouvelles choses sur le sujet.

C’est en particulier grâce à des historiens français, Alain Alcouffe et Philippe Massot-Bordenave, et leur ouvrage Adam Smith à Toulouse et en Occitanie, que l’on revient sur un épisode fondamental pour la genèse de cette œuvre : le Grand Tour du Duc de Buccleugh en Occitanie. Ce voyage, peu connu du grand public, constitue pourtant un moment décisif dans la trajectoire intellectuelle d’Adam Smith, qui accompagnait le jeune duc en qualité de précepteur. C’est durant cette période, loin de l’Écosse et au contact des physiocrates et des milieux intellectuels français, que Smith aurait affiné une grande partie de la réflexion qui allait aboutir à la Richesse des nations.

Le travail d’Alcouffe et Massot-Bordenave est remarquable à plus d’un titre. Il illustre combien l’histoire de la pensée économique reste un chantier ouvert, capable de renouveler notre compréhension des œuvres fondatrices à partir de sources archivistiques et d’une enquête patiente sur les trajectoires intellectuelles. Il rappelle aussi que les grandes idées économiques naissent rarement dans l’isolement : elles se forgent au fil des rencontres, des voyages, des débats — et parfois, sur les routes d’Occitanie.

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